Extrait du bulletin de
mars 2002
Jamais sans mon lait?
Nous vous proposons
ce mois-ci une réflexion sur un thème
controversé, les bienfaits du lait
et des produits laitiers sur la santé
en général, sur celle des
femmes ménopausées en particulier.
En fait il s'agit d'un sujet complexe et
il ne s'agit en tout cas pas de trancher
sans nuances. pour ou contre le lait Pour
vous aider à vous situer selon vos
besoins, deux articles; le premier est le
résumé de la présentation
de Mme Sandra Boudreau, diététiste
au Service de nutrition des Producteurs
laitiers du Canada, le deuxième par
Mme Marie-Ange Pongis-Khandjian, psychologue
mais aussi chimiste.
LE POINT SUR LE LAIT : MYTHES
ET RÉALITÉ
Sandra Boudreau
Bien que les produits laitiers,
et plus particulièrement le lait,
se soient récemment retrouvés
au coeur de la controverse, les études
continuent de démontrer leurs nombreux
bienfaits pour la santé.
Les produits laitiers jouent
un rôle important dans l'alimentation
en raison de leur contribution aux besoins
nutritionnels et à la santé
globale. D'après les données
d'Agriculture Canada, les produits laitiers
sont non seulement la source principale
de calcium dans l'alimentation des Canadiens,
mais ils sont également notre principale
source alimentaire de magnésium,
de phosphore, de potassium, de riboflavine
et de vitamine B12. Ils sont aussi une source
majeure de zinc, de niacine, de vitamines
A et B6. Sans compter que le lait représente
notre principale source de vitamine D. Les
Québécoises et Québécois
consomment en moyenne 1,6 portion de produits
laitiers par jour, ce qui est moins que
la quantité minimale (2 portions)
suggérée par le Guide alimentaire
canadien pour manger sainement. L'enquête
Santé Québec a démontré
que les apports moyens en calcium des femmes
de 18 ans et plus sont inférieurs
aux apports présentement recommandés.
Chez les hommes, seulement les 18 à
24 ans rencontrent leurs besoins.
Pour ajouter à l'importance
des produits laitiers dans l'alimentation,
les études ont démontré
qu'une alimentation déficiente en
calcium est généralement déficiente
en une foule d'autres nutriments, précisément
parce qu'une déficience en calcium
résulte habituellement d'une faible
consommation de produits laitiers.
Le rôle des produits
laitiers dans la prévention de l'ostéoporose
est reconnu et démontré par
de nombreuses études scientifiques.
Une revue de la littérature par le
Dr Robert Heaney, un expert de renommé
dans le domaine, incluant 139 études
menées depuis 1975 a conclu que l'ensemble
des études démontre que le
calcium et les produits laitiers aident
à prévenir l'ostéoporose
et à maintenir une bonne masse osseuse.
L'intolérance au
lactose demeure un facteur contribuant à
une plus faible consommation de produits
laitiers. Pourtant, la majorité des
personnes ayant de la difficulté
à digérer le lactose peuvent
facilement consommer les 2 à 4 portions
de produits laitiers recommandées
par le Guide alimentaire canadien.
Plusieurs façons de consommer les
produits laitiers permettent d'augmenter
la tolérance au lactose sans occasionner
de symptômes indésirables.
La plupart des fromages ne contenant qu'une
quantité négligeable de lactose,
la consommation de ceux-ci n'entraîne
pas de symptômes gastro-intestinaux.
Pour ce qui est des yogourts, ceux-ci contiennent
des bactéries actives qui facilitent
la digestion du lactose. Les études
démontrent que lorsque le lait est
consommé en petites quantités,
aux repas ou accompagnés d'autres
aliments, il est bien toléré.
A la ménopause,
la hausse du risque de maladies cardiovasculaires
et la prise de poids se soldent souvent
par une modification des habitudes alimentaires.
Ainsi, dans l'optique de perdre du poids,
les femmes éliminent souvent, à
tort, des aliments qui pourraient les aider
à atteindre leurs objectifs; les
produits laitiers en sont un exemple. En
effet, des études récentes
ont démontré que le calcium,
plus particulièrement celui provenant
des produits laitiers, peut aider à
atteindre un poids santé et à
maintenir celui-ci. Selon ces études,
les diètes riches en calcium augmentent
l'efficacité du corps à dépenser
l'énergie sous forme de gras. Il
est d'autant plus important pour les femmes
suivant un régime amaigrissant d'inclure
les produits laitiers en raison de la perte
osseuse pouvant accompagner une perte de
poids.
Bien qu'une consommation
modérée de matières
grasses soit souhaitable, ce sont les sources
de gras auxquelles il faut porter une attention
particulière. L'importance est trop
souvent portée à l'endroit
des aliments d'origine animale. Pourtant,
55% du gras dans l'alimentation canadienne
vient des huiles et des graisses végétales.
L'augmentation de l'usage de l'hydrogénation
(transformation des huiles végétales
liquides en graisses solides) a mené
à une augmentation marquée
de la consommation de graisses végétales
partiellement hydrogénées
et d'acides gras trans. Ces derniers seraient
plus dommageables pour le cœur que
les gras saturés. Or ces gras
trans sont souvent cachés dans
de nombreux aliments, tels les produits
de boulangerie commerciaux, les «
grignotines », les aliments préparés
et les aliments frits.
D'autre part, les chercheurs
s'intéressent davantage au gras laitier.
Cet intérêt repose en grande
partie sur l'acide linoléique conjugué
(ALC), un type d'acide gras principalement
présent dans le gras laitier ayant
démontré des propriétés
anticancérigènes. Une nouvelle
étude a démontré que,
chez des Finlandaises en post ménopause,
celles qui présentaient les plus
faibles taux d'ALC dans leur alimentation
et dans leur sang avaient, respectivement,
3,3 et 5 fois plus de risque de développer
un cancer du sein que les femmes qui présentaient
des taux d'ALC les plus élevés.
Les résultats de cette étude
viennent corroborer ceux d'études
précédentes.
A la lumière des
plus récents résultats de
recherche, il est clair que les produits
laitiers procurent davantage de bienfaits
nutritionnels que de désavantages.
De l'ostéoporose, en passant par
différents types de cancers, les
calculs rénaux, le syndrome prémenstruel
et l'hypertension, les produits laitiers
contribuent à l'amélioration
de l'état de santé globale
ainsi qu'aux plaisirs de la table.
LE LAIT : BOISSON MIRACLE
OU FAUTEUR DE TROUBLE ?
Marie-Ange Pongis-Khandjian
Les recommandations diététiques
visent depuis plusieurs années à
augmenter l'apport calcique afin de lutter
contre la perte osseuse, phénomène
« normal » entraîné
par le vieillissement (0,5 % à 1
% par année à partir approximativement
du milieu de la vie) ainsi que ses conséquences
: ostéopénie, ostéoporose,
avec leurs séquelles en fractures
diverses. Deux verres de lait par jour seraient
sensés nous assurer de solides vieux
os! Comme si on établissait les équivalences
suivantes, d'une part, lait = calcium, d'autre
part, + de lait bu = + de calcium absorbé.
La plupart des études
portant sur le métabolisme ostéocalcique
suggèrent qu'une augmentation de
la consommation de calcium est associée
à une augmentation de la masse osseuse.
Cette hypothèse semblent être
devenue une croyance puisque bon nombre
d'entre-nous sommes persuadés qu'une
diète riche ou supplémentée
en calcium aide à neutraliser la
perte de calcium associée à
l'âge.
Mais alors, comment concilier
ces résultats avec les données
épidémiologiques qui depuis
1990 sont de plus en plus nombreuses à
suggérer le contraire : plus les
gens consomment de calcium, plus ils semblent
susceptibles aux fractures de la hanche
Les américains du
Nord et les européens de l'Ouest
consomment deux à trois fois plus
de calcium que les africains et les asiatiques
et ils souffrent pourtant de deux à
trois fois plus de fractures ostéoporotiques.
Les femmes bantoues d'Afrique,
par exemple, peuvent avoir jusqu'à
dix bébés au cours de leur
vie et les nourrir au sein pendant environ
dix mois. Malgré cette énorme
perte en calcium et un apport calcique bas,
l'ostéoporose est extrêmement
rare chez ces femmes. Leur diète
ne comporte ni lait ni produit laitier et
leur procure quand même 250 mg à
400 mg de calcium d'origine végétale
par jour (à peu près la moitié
de la consommation des femmes occidentales).
Les chercheurs de la
Nurses Health Study ont aussi noté
que ce sont les personnes qui consomment
le plus de lait (les infirmières
pour ne pas les nommer!) qui souffrent le
plus d'ostéoporose et de fractures.
De plus, d'autres études
auraient établi un lien entre le
lait et le cancer de la prostate et des
ovaires, le diabète juvénile
et la sclérose en plaque.
Comment s'y retrouver au
milieu d'informations si contradictoires
et si troublantes ? Le lait est-il vraiment
indispensable à une bonne santé
ou bien dangereux? Y a-t-il moyen de se
situer quelque part entre ces deux positions
extrêmes, qui ne l'oublions pas sont
probablement aussi le reflet d'énormes
intérêts financiers?
Nous avons fouillé
la littérature scientifique pour
tenter de comprendre.
En fait l'être humain
n'est pas une simple boîte qu'il suffirait
de remplir avec un élément
manquant. Il faut tenir compte non seulement
du métabolisme particulier de cet
élément mais aussi de son
interaction avec des dizaines, pour ne pas
dire des centaines ou des milliers, d'autres
éléments ayant eux-aussi des
métabolismes particuliers.
Arrêtons-nous
un moment au métabolisme
du calcium qui semble apporter
un éclairage aux apparentes
contradictions relevées.
L'absorption
du calcium par le corps humain varie
beaucoup selon sa source.
Nous remarquons que le calcium contenu
dans les légumes cuits est
environ deux fois plus absorbé
que celui contenu dans le lait. Pourquoi
?
Il semblerait que
plus on consomme de protéines
animales, plus on perd de calcium.
Les Inuits qui consomment le plus
de calcium au monde - 2200 mg par
jour provenant des arêtes de
poisson - mais dont la diète
est composée de 100 % de protéines
d'origine animale, sont aussi ceux
qui ont le plus haut taux d'ostéoporose.
Ceci pourrait s'expliquer par le fait
que le métabolisme des protéines
animales libère des déchets
acides. Les reins utilisent alors
des minéraux alcalinisants,
comme le calcium, pour neutraliser
cet excès d'acide et ce faisant
augmente la solubilité des
sels de calcium donc leur élimination
par l'urine. Doubler l'apport de protéines
animales de la diète augmente
certes le calcium ingéré
mais le calcium urinaire augmente
en même temps de 50 %. Ce qui
fait dire que plus on consomme du
calcium, moins notre absorption est
efficace. En fait, pour être
plus précis, plus on consomme
du calcium provenant de sources animales,
plus on en élimine. Pour contrebalancer
ce phénomène de perte
calcique il faudrait inclure dans
un régime très protéiné
de grandes quantités de fruits
et de légumes qui contiennent
des minéraux pouvant aussi
neutraliser l'excès d'acide,
tels le magnésium et le potassium.
Une diète riche dans ces deux
derniers éléments augmente
la densité minérale
osseuse et prévient les fractures.
L'absorption du calcium
est directement lié à
la présence de vitamines
D (métabolisée
en présence de soleil) et
K. Si ces vitamines manquent
le calcium ne se fixera pas ou peu
au niveau des os. Les Inuit souffrent
d'un déficit de vitamine D
causé par un manque d'ensoleillement.
Le sodium
(autrement dit le sel) augmente également
les pertes rénales en calcium.
Réduire simplement la consommation
de sel diminue les pertes en calcium.
Le magnésium lui agit
comme régulateur du transport
actif du calcium. Une diète
riche en magnésium augmente
significativement la densité
osseuse.
|
Le métabolisme
osseux est aussi en interaction
constante avec la consommation de
protéines animales ainsi que
l'absorption et la fixation du calcium
: l'augmentation de consommation de
calcium entraîne une petite
augmentation ponctuelle (environ 2
%) de la densité minérale
osseuse. Cependant celle-ci ne s'additionne
pas et disparaît lorsqu'on cesse
la consommation de calcium.
En ayant une consommation
élevée de protéines
animales on augmente également
la consommation de gras animal (cholestérol
et gras saturés). Or les chercheurs
croient que les lipides dans la diète
inhibent la formation d'os nouveau
en empêchant les cellules souches
osseuses, les ostéoblastes,
de se différencier.
Le métabolisme
osseux change tout au long de la vie
: la physiologie des os des enfants
en pleine croissance est très
différente de celles des os
de jeunes adultes et de celle des
femmes ménopausées.
Jusque dans la vingtaine environ le
squelette se construit et la consommation
de lait est associée à
des os plus forts. Après cet
âge, la supplémentation
en lait (donc en calcium) est inefficace.
Après cet âge, sauf chez
la femme enceinte, la supplémentation
en lait et en calcium semble inefficace.
Après la ménopause,
une augmentation de l'apport calcique,
même très importante
( 3 verres de lait par jour), n'est
pas efficace si elle n'est pas accompagnée
d'une hausse de l'exercice physique
pour fixer le calcium dans les os
|
Venons en maintenant aux liens suggérés
entre le lait et différentes maladies.
.
Le diabète
Il semblerait que l'introduction
du lait de vache chez les enfants de moins
de trois mois augmente le risque de développer
un diabète juvénile, ou de
type 1. Les diabétiques de type 1
ont des taux d'anticorps plus élevés
que la moyenne contre une protéine
du lait - l'albumine bovine. Ces anticorps
reconnaissent cette protéine comme
étant étrangère, l'attaquent
et la détruisent. Une partie de cette
protéine ressemble cependant beaucoup
à une protéine qui se trouve
à la surface de cellules du pancréas
produisant l'insuline (hormone hypoglycémiante).
Dans certains circonstances - génétiques,
environmentales, infectieuses, etc - les
anticorps ne feraient pas la différence
entre l'albumine bovine et les protéines
à la surface de cellules pancréatiques
et attaqueraient aussi ces dernières.
Bien sur tous les enfants qui boivent du
lait de vache ne deviennent pas diabétiques.
Cependant en présence d'importants
antécédents familiaux de diabète
de type 1, la suppression du lait est à
envisager.
Le cancer
En comparant les facteurs
diététiques de différents
pays des liens troublants sont suggérés.
Au Japon, le cancer du sein est rare, mais
le risque des émigrantes japonaises
en Amérique du Nord rejoint rapidement
celui des autres nord-américaines
- 400 fois plus élevé qu'au
Japon. Le facteur critique serait ici le
gras, deux à trois fois plus élevé
dans l'alimentation nord-américaine.
La Scandinavie et les Pays-Bas, deux pays
où la consommation de lait est élevée,
sont des pays où la prévalence
du cancer du sein est plus élevée
qu'ailleurs en Europe.
Les chercheurs de la Nurses
Health Study ont identifié un
lien entre lactose (sucre très présent
dans le lait et le yogourt mais moins dans
le fromage) et un type de cancer des ovaires.
Le lactose se transforme en galactose qui
entraîne lui la mort des ovocytes,
cellules reproductrices des ovaires. C'est
cette diminution en ovocytes qui induit
le développement du cancer ovarien.
D'autres études
ont mis le gras saturé présent
dans le lait entier, le fromage et la crème
glacée, au banc des accusés.
Les femmes qui consomment le plus de gras
saturé courraient deux fois plus
de risques de souffrir d'un cancer ovarien.
Le taux de cancer de la prostate est aussi
plus élevé dans les pays où
on consomme beaucoup de lait : en 1977,
10 hommes mourraient d'un cancer de la prostate
en Europe de l'ouest contre un seul en Asie.
Une information a fortement
attiré notre attention. Le lait américain
diffèrerait du lait des autres pays
dans la mesure où les producteurs
utilisent depuis 1985 chez 30 % du cheptel
laitier une hormone synthétique créée
par la compagnie Monsanto, la rbGH (recombinant
bovine growth hormone). Cette dernière
sert à augmenter la production laitière
du cheptel américain. Son utilisation
a été autorisée sur
la foi d'une très courte étude
de Monsanto qui a affirmé que des
rats a qui on avait injecté des fortes
doses de l'hormone pendant 90 jours n'avaient
rien absorbé et que, par conséquent,
l'hormone était sans danger pour
la santé humaine. Les données
de cette étude ont cependant été
revues par la Direction de la protection
de la santé du gouvernement.
Des conclusions totalement
différentes ont été
tirées : 20 % à 30 % des rats
avaient absorbé l'hormone - on en
a retrouvé des quantités significatives
dans la prostate - et présentaient
des kystes thyroïdiens. Les Canadiens
craignent que la rbGH contribue à
augmenter les cancers de la prostate et
du sein. Une hypothèse a été
formulée : le corps détecte
la rbGH et y réagit en augmentant
la production d'IGF-1 (facteur de croissance
insulinomimétique de type 1 ou insulin-like
growth factor 1) par le foie. Cet IGF-1
stimule la prolifération cellulaire
et inhibe la mort cellulaire ou apoptose
ce qui entraîne une croissance cellulaire
anormale et favorise l'apparition de cancers.
Des études ont montré par
exemple qu'il pouvait stimuler le développement
de cancers du sein, de la prostate et colorectal.
« On peut donc se demander
si le lien entre le lait et le cancer est
un problème purement "laitier"
ou si la composante hormonale n'y jouerait
pas un rôle important. »
écrit Dr François Melançon
Pour conclure
: le lait contient plusieurs éléments,
parmi eux le calcium, pierre de touche dans
la constitution des os. Dire cependant «
plus on boit du lait plus on augmente son
capital de calcium et plus on solidifie
ses os » sont des glissements abusifs.
"Il serait
important, à la ménopause,
non pas d'éliminer le lait, mais
de diversifier ses sources de calcium et
de faciliter la fixation de celui-ci".
Pour ce faire, varier son alimentation en
mettant l'accent sur l'apport de calcium
provenant de sources végétales,
s'assurer d'une présence suffisante
de vitamine D et augmenter son activité
physique sont essentiels.
Une alimentation variée
assure l'apport d'autres éléments
importants tels que le magnésium
et le potassium contenus dans les fruits
et les légumes.
Parfois des suppléments
calciques sont nécessaires. Il est
alors préférable de prendre
le calcium sous forme de carbonate avec
un repas - l'absorption est plus difficile
à jeun - ou sous forme de citrate
assimilé plus facilement par l'organisme.
Petit pense bête
: bouillir les légumes et
jeter l'eau de cuisson (qui contient les
minéraux nécessaires à
notre corps) équivaut à manger
la boîte de céréales
mais à jeter les céréales!
Il est préférables de faire
sauter rapidement les légumes dans
un peu d'huile végétale, de
les cuire rapidement à l'autocuiseur
ou à la vapeur dans une marguerite.
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