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La ménopause mieux comprise mieux vécue

Ménopause blues

Marie-Ange Pongis-Khandjian

« Miroir, miroir, dis-moi qui est la femme que je vois, là ? » Voici l'intrigante question qui, en période ménopausique, nous vient à l'esprit certains jours quand nous nous retrouvons en tête-à-tête avec nous-mêmes. Pour tout dire, nous ne nous reconnaissons plus très bien.

Bien sûr, il y a les fils d'argent dans nos cheveux, les pattes d'oies, les ridules, imprimées au cours des ans sur notre peau à force de sourires et de grimaces à la vie, les taches de soleil qui se font chaque année un peu plus insistantes, les kilos qui se sont sournoisement accumulés et qui résistent à nos efforts pour nous en séparer. Nous avons beau nous tenir bien droites, rentrer le ventre, tendre le cou, les lois de la gravité se font incontournables. Malgré de louables efforts pour atténuer « des ans l'irréparable outrage », ce n'est plus tout à fait la silhouette de nos vingt ans qui nous est reflétée et pour la plupart d'entre nous, essayer de la retrouver tient de la bataille perdue.

Et encore, s'il ne s'agissait que d'apparence ! En fait, c'est surtout au niveau du comportement que ça se joue : impatience soudaine, sautes d'humeur, spleen, sans raison particulière ou suffisante, qui nous étonnent et souvent nous épuisent. Comme disait l'autre : « Je suis d'humeur égale : toujours de MAUVAISE humeur, une sorte de SPM à longueur d'année » !

Et les nuits alors ! Il y a à peine quelques mois, nous dormions comme un bébé, aussitôt la tête sur l'oreiller, mais voici que nous connaissons, à l'occasion, par périodes ou régulièrement des éveils en sursaut après des cauchemars dont le contenu est souvent flou, avec en partage, le coeur qui s'emballe, bouffées de chaleur et suées nocturnes suivies de l'impression de grelotter, le tout agrémenté de longues heures d'insomnie. Toutes sortes d'idées et de questions obsédantes, saugrenues ou inquiétantes, tournent alors en rond dans notre tête — le bien-être de nos enfants, la sécurité de nos petits-enfants, la pollution, l'avenir de la planète — tout y passe. Ce sont, selon l'expression de David Servan-Schreiber, « les heures sombres de l'âme ».

Au menu, certains jours, l'impression d'être dans une sorte de brouillard inconfortable, de ne pas pouvoir se concentrer de façon efficace, d'être nerveuse, impatiente, anxieuse ou irritée par un rien, passer sans transition du rire aux larmes : une vraie marmite à vapeur prête à exploser. Et en prime, les inévitables retombées sur nos relations avec notre entourage « Elle n'était pas comme ça avant. » entendons-nous parfois murmurer.

Des changements au fil du temps

Cette tempête n'a cependant pas eu lieu du jour au lendemain. Nous ne sommes pas couchées un beau soir en modèle auréolé de vertu et de patience pour nous réveiller au matin suivant en harpie grincheuse et explosive. Et puis, nous ne nous sentons pas tous les jours comme ça, Dieu merci !

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Pour lire le reste de cet article aller à Parutions et archives et télécharger le bulletin de mai-juin 2004.

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